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Dossier

Iran depuis 1979 : révolution, crises et guerres avec Israël et les États-Unis

Ce dossier retrace la trajectoire de la République islamique d’Iran depuis le retour de Rouhollah Khomeini en février 1979 : renversement de la monarchie, crise des otages, guerre Iran-Irak, succession d’Ali Khamenei, sanctions, contestations intérieures et négociations nucléaires. Il suit aussi la confrontation régionale à travers les alliés de Téhéran, le rapprochement avec l’Arabie saoudite et le passage aux attaques directes entre l’Iran et Israël en 2024. La guerre de douze jours de juin 2025 est distinguée du conflit ouvert le 28 février 2026 par les frappes américaines et israéliennes. La chronologie examine la mort d’Ali Khamenei et la succession de Mojtaba Khamenei, les victimes civiles, les fronts régionaux, les infrastructures énergétiques, Ormuz, les blocus et les tentatives d’accord. Les consultations qataries qui constituaient le périmètre initial de ce dossier restent intégrées à cette histoire élargie. Les notices sont sourcées et distinguent faits établis, annonces, responsabilités attribuées et résultats non vérifiés. La reconstruction sélectionne les principaux jalons ; elle ne recense pas chaque opération militaire. Aucun bilan humain final et homogène pour l’ensemble des théâtres n’est établi ici. Les dates sans heure connue sont classées par journée.

Dernière mise à jour : 66 moments clés

Où en est-on ?

Au 1er novembre 2026, les consultations à Doha n’ont pas débouché sur un accord de réouverture d’Ormuz dans les sources disponibles. Téhéran annonce aussi classer la Royal Navy et la Royal Air Force comme organisations terroristes et le MI6 comme groupe hostile ; les effets pratiques de cette décision ne sont pas établis.

Trump retire les États-Unis de l’accord nucléaire

Le 8 mai 2018, Donald Trump annonce le retrait des États-Unis du JCPOA et le rétablissement des sanctions américaines contre l’Iran.

Le président américain juge l’accord insuffisant pour protéger les intérêts de son pays. Les autres participants ne se retirent pas simultanément : la décision américaine ne doit donc pas être présentée comme une abrogation collective.

Cette rupture compromet les bénéfices économiques attendus par Téhéran. La chronologie doit distinguer le retrait américain de 2018 des réductions ultérieures, par l’Iran, de ses engagements nucléaires.

Sources 2

L’accord nucléaire passe à la phase de mise en œuvre

Le 16 janvier 2016 marque la journée de mise en œuvre du JCPOA, après vérification par l’AIEA des principales mesures nucléaires initiales prises par l’Iran.

Les États-Unis et l’Union européenne lèvent ou suspendent les sanctions nucléaires prévues par l’accord. Ce jalon correspond à l’exécution de conditions techniques, à distinguer de la signature politique de juillet 2015.

D’autres restrictions américaines restent fondées sur des motifs distincts du nucléaire. L’allègement prévu n’efface donc pas toutes les sanctions ni l’ensemble des contentieux entre l’Iran et les pays occidentaux.

Sources 2

L’Iran et six puissances concluent l’accord nucléaire de Vienne

Le 14 juillet 2015, l’Iran et les États-Unis, la Chine, la Russie, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne concluent le JCPOA à Vienne, avec l’Union européenne.

Ministres et responsables réunis à Vienne après l’annonce de l’accord nucléaire du 14 juillet 2015.
Photo de groupe à Vienne après l’annonce de l’accord nucléaire, 14 juillet 2015. Département d’État américain, domaine public. — U.S. Department of State / Wikimedia Commons — domaine public (PD-USGov) ; 14 juillet 2015 ; réduction de taille, sans autre modification.

L’accord prévoit des limitations du programme nucléaire et une vérification internationale en échange d’un allègement des sanctions liées au nucléaire. Il prolonge le processus diplomatique et l’accord intérimaire de novembre 2013.

Le Conseil de sécurité l’endosse par la résolution 2231 le 20 juillet. Sa conclusion ne signifie pas une normalisation complète des relations entre Washington et Téhéran : son objet est le dossier nucléaire et les engagements qui lui sont associés.

Sources 2

Le résultat de la présidentielle déclenche le Mouvement vert

Le 13 juin 2009, des manifestations éclatent après l’annonce de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, contestée par ses adversaires.

Les partisans de Mir Hossein Moussavi dénoncent des fraudes. Les manifestations se prolongent malgré les interdictions de rassemblement et les restrictions sur les communications et les médias.

Human Rights Watch documentera arrestations arbitraires, mauvais traitements et usage de la force contre des manifestants. Il faut distinguer le résultat proclamé par les autorités de sa contestation et des abus documentés ; cette notice n’entérine pas le résultat comme un scrutin libre et incontesté.

Sources 2

L’ONU impose ses premières sanctions nucléaires à l’Iran

Le 23 décembre 2006, le Conseil de sécurité adopte la résolution 1737 imposant des sanctions liées aux activités nucléaires sensibles de l’Iran.

Le texte exige la suspension des activités d’enrichissement et de retraitement visées. Il restreint la fourniture de matériels et technologies sensibles et gèle les avoirs de personnes et d’entités désignées.

Un comité est créé pour suivre l’application des mesures. Ce régime multilatéral se distingue des sanctions américaines antérieures : il associe les décisions du Conseil de sécurité aux demandes de vérification de l’AIEA.

Sources 2

Les révélations sur Natanz et Arak ouvrent la crise nucléaire

En août 2002, la révélation d’installations nucléaires jusque-là non déclarées, notamment Natanz, place le programme iranien au centre d’une crise internationale.

Les informations rendues publiques par une organisation d’opposition iranienne concernent l’enrichissement à Natanz et les activités liées à l’eau lourde à Arak. Elles entraînent une attention accrue de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Le différend porte sur la déclaration des installations, les garanties et la finalité du programme. L’existence de capacités d’enrichissement ne constitue pas, à elle seule, la preuve de la possession d’une arme nucléaire.

Sources 4

Mohammad Khatami remporte la présidentielle sur une ligne réformatrice

Le 23 mai 1997, Mohammad Khatami remporte l’élection présidentielle iranienne, ouvrant une période marquée par les attentes de réforme.

Le religieux fait campagne sur davantage de libertés culturelles et politiques. Sa victoire révèle le poids des aspirations d’une population jeune, sans supprimer la place du Guide suprême et des institutions non élues.

La période est importante pour comprendre les alternances entre ouverture et durcissement au sein de la République islamique. Une élection présidentielle modifie l’exécutif ; elle ne transfère pas l’ensemble des pouvoirs de l’État au président.

Sources 2

Clinton élargit l’embargo commercial et financier contre l’Iran

Le 6 mai 1995, Bill Clinton signe le décret 12959, qui étend fortement les restrictions américaines sur le commerce et l’investissement avec l’Iran.

Le texte interdit un large ensemble de transactions pour les personnes américaines, avec des exceptions et des délais d’application. Il complète les mesures de mars visant les investissements dans le secteur pétrolier iranien.

Washington invoque notamment le soutien iranien au terrorisme et les risques de prolifération ; ce sont les motifs énoncés par l’administration américaine. L’instrument économique devient ainsi un élément central et durable de la confrontation.

Sources 2

Ali Khamenei succède à Khomeini comme Guide suprême

Le 4 juin 1989, l’Assemblée des experts désigne Ali Khamenei pour succéder à Rouhollah Khomeini, mort la veille.

Khamenei occupait jusque-là la présidence de la République. Le choix intervient alors que les institutions doivent organiser la succession du fondateur du régime et que des modifications constitutionnelles sont en préparation.

Cette transition maintient la fonction de Guide au centre du pouvoir iranien. Elle ouvre une nouvelle période de direction politique après la révolution et la guerre contre l’Irak ; elle ne correspond pas à un changement de régime.

Sources 2

Le cessez-le-feu Iran-Irak entre en vigueur

Le 20 août 1988, un cessez-le-feu négocié sous l’égide de l’ONU entre en vigueur entre l’Iran et l’Irak après près de huit ans de guerre.

Le dispositif s’inscrit dans la mise en œuvre de la résolution 598 du Conseil de sécurité. Des observateurs de l’ONU sont déployés pour vérifier la cessation des hostilités et le retrait des forces vers les frontières internationalement reconnues.

L’arrêt des combats ouvre des pourparlers directs, sans régler immédiatement toutes les questions entre les deux pays. Ce jalon distingue la fin de la phase militaire principale du règlement durable des conséquences de la guerre.

Sources 2

Le vol Iran Air 655 est abattu par un navire américain

Le 3 juillet 1988, le croiseur américain USS Vincennes abat le vol civil Iran Air 655 au-dessus du Golfe ; les 290 personnes à bord sont tuées.

Les forces américaines ont pris l’Airbus pour un avion militaire hostile, selon le récit américain. L’événement intervient au cours d’une période d’affrontements navals entre l’Iran et les États-Unis.

La destruction d’un appareil civil doit être distinguée des combats entre navires. Elle demeure un épisode majeur de la confrontation bilatérale et du coût humain de la militarisation des voies maritimes du Golfe.

Sources 2