Aller au contenu
Royaume-Uni · Israël · Irak · Iran · Koweït · Liban · Sri Lanka · Oman · Panama · Pakistan · Qatar · Russie · Arabie Saoudite · États-Unis d'Amérique
Dossier

Iran depuis 1979 : révolution, crises et guerres avec Israël et les États-Unis

Ce dossier retrace la trajectoire de la République islamique d’Iran depuis le retour de Rouhollah Khomeini en février 1979 : renversement de la monarchie, crise des otages, guerre Iran-Irak, succession d’Ali Khamenei, sanctions, contestations intérieures et négociations nucléaires. Il suit aussi la confrontation régionale à travers les alliés de Téhéran, le rapprochement avec l’Arabie saoudite et le passage aux attaques directes entre l’Iran et Israël en 2024. La guerre de douze jours de juin 2025 est distinguée du conflit ouvert le 28 février 2026 par les frappes américaines et israéliennes. La chronologie examine la mort d’Ali Khamenei et la succession de Mojtaba Khamenei, les victimes civiles, les fronts régionaux, les infrastructures énergétiques, Ormuz, les blocus et les tentatives d’accord. Les consultations qataries qui constituaient le périmètre initial de ce dossier restent intégrées à cette histoire élargie. Les notices sont sourcées et distinguent faits établis, annonces, responsabilités attribuées et résultats non vérifiés. La reconstruction sélectionne les principaux jalons ; elle ne recense pas chaque opération militaire. Aucun bilan humain final et homogène pour l’ensemble des théâtres n’est établi ici. Les dates sans heure connue sont classées par journée.

Dernière mise à jour : 66 moments clés

Où en est-on ?

Au 1er novembre 2026, les consultations à Doha n’ont pas débouché sur un accord de réouverture d’Ormuz dans les sources disponibles. Téhéran annonce aussi classer la Royal Navy et la Royal Air Force comme organisations terroristes et le MI6 comme groupe hostile ; les effets pratiques de cette décision ne sont pas établis.

L’Iran et l’Arabie saoudite annoncent le rétablissement de leurs relations

Le 10 mars 2023, l’Iran et l’Arabie saoudite annoncent à Pékin un accord pour rétablir leurs relations diplomatiques, sous médiation chinoise.

Les deux pays prévoient de rouvrir leurs ambassades dans un délai de deux mois et affirment le respect de la souveraineté et de la non-ingérence. L’annonce suit des discussions entre leurs responsables de sécurité.

Le rapprochement concerne deux puissances rivales impliquées dans plusieurs crises régionales. Il ne règle pas automatiquement les conflits au Yémen, au Liban ou en Syrie, ni la confrontation de l’Iran avec les États-Unis et Israël.

Sources 2

La mort de Mahsa Amini déclenche une contestation nationale

Mahsa Amini, 22 ans, meurt le 16 septembre 2022 après son arrestation par la police des mœurs à Téhéran ; des manifestations se propagent dans le pays.

L’arrestation du 13 septembre était liée au port du voile obligatoire. Les autorités invoquent une cause médicale, tandis que la famille et des témoins contestent leur récit ; des experts de l’ONU demandent une enquête indépendante.

La mobilisation porte sur les droits des femmes et la domination politique du régime. Les conclusions d’enquêtes publiées ultérieurement doivent être distinguées de ce qui était établi au moment du décès, afin de préserver l’évolution des connaissances.

Sources 2

L’Iran frappe des bases abritant des soldats américains en Irak

Le 8 janvier 2020, l’Iran lance des missiles balistiques contre des bases irakiennes abritant des militaires américains, en riposte à la mort de Qassem Soleimani.

Le commandant de la force Al-Qods a été tué le 3 janvier par une frappe américaine près de l’aéroport de Bagdad. Les missiles iraniens visent notamment Aïn Al-Assad et une installation près d’Erbil.

Cette séquence constitue une confrontation directe sur le territoire irakien. Elle doit être distinguée des opérations menées par des groupes alliés de l’Iran : ici, l’action militaire est revendiquée et exécutée par Téhéran lui-même.

Sources 2

La hausse du prix des carburants déclenche des manifestations

Le 15 novembre 2019, l’annonce d’une forte hausse du prix des carburants déclenche une vague de manifestations en Iran.

Les autorités imposent à partir du 16 novembre une coupure presque totale de l’Internet mondial. Amnesty International documente des centaines de morts et un recours illégal à la force létale ; son décompte initial de 304 victimes sera porté à 323 en 2021.

Ces chiffres sont ceux de l’enquête de l’organisation, et non un bilan officiel consensuel. La coupure des communications entrave la documentation des violences et illustre le lien entre crise économique, contestation et répression.

Sources 2

Trump retire les États-Unis de l’accord nucléaire

Le 8 mai 2018, Donald Trump annonce le retrait des États-Unis du JCPOA et le rétablissement des sanctions américaines contre l’Iran.

Le président américain juge l’accord insuffisant pour protéger les intérêts de son pays. Les autres participants ne se retirent pas simultanément : la décision américaine ne doit donc pas être présentée comme une abrogation collective.

Cette rupture compromet les bénéfices économiques attendus par Téhéran. La chronologie doit distinguer le retrait américain de 2018 des réductions ultérieures, par l’Iran, de ses engagements nucléaires.

Sources 2

L’accord nucléaire passe à la phase de mise en œuvre

Le 16 janvier 2016 marque la journée de mise en œuvre du JCPOA, après vérification par l’AIEA des principales mesures nucléaires initiales prises par l’Iran.

Les États-Unis et l’Union européenne lèvent ou suspendent les sanctions nucléaires prévues par l’accord. Ce jalon correspond à l’exécution de conditions techniques, à distinguer de la signature politique de juillet 2015.

D’autres restrictions américaines restent fondées sur des motifs distincts du nucléaire. L’allègement prévu n’efface donc pas toutes les sanctions ni l’ensemble des contentieux entre l’Iran et les pays occidentaux.

Sources 2

L’Iran et six puissances concluent l’accord nucléaire de Vienne

Le 14 juillet 2015, l’Iran et les États-Unis, la Chine, la Russie, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne concluent le JCPOA à Vienne, avec l’Union européenne.

Ministres et responsables réunis à Vienne après l’annonce de l’accord nucléaire du 14 juillet 2015.
Photo de groupe à Vienne après l’annonce de l’accord nucléaire, 14 juillet 2015. Département d’État américain, domaine public. — U.S. Department of State / Wikimedia Commons — domaine public (PD-USGov) ; 14 juillet 2015 ; réduction de taille, sans autre modification.

L’accord prévoit des limitations du programme nucléaire et une vérification internationale en échange d’un allègement des sanctions liées au nucléaire. Il prolonge le processus diplomatique et l’accord intérimaire de novembre 2013.

Le Conseil de sécurité l’endosse par la résolution 2231 le 20 juillet. Sa conclusion ne signifie pas une normalisation complète des relations entre Washington et Téhéran : son objet est le dossier nucléaire et les engagements qui lui sont associés.

Sources 2

Le résultat de la présidentielle déclenche le Mouvement vert

Le 13 juin 2009, des manifestations éclatent après l’annonce de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, contestée par ses adversaires.

Les partisans de Mir Hossein Moussavi dénoncent des fraudes. Les manifestations se prolongent malgré les interdictions de rassemblement et les restrictions sur les communications et les médias.

Human Rights Watch documentera arrestations arbitraires, mauvais traitements et usage de la force contre des manifestants. Il faut distinguer le résultat proclamé par les autorités de sa contestation et des abus documentés ; cette notice n’entérine pas le résultat comme un scrutin libre et incontesté.

Sources 2

L’ONU impose ses premières sanctions nucléaires à l’Iran

Le 23 décembre 2006, le Conseil de sécurité adopte la résolution 1737 imposant des sanctions liées aux activités nucléaires sensibles de l’Iran.

Le texte exige la suspension des activités d’enrichissement et de retraitement visées. Il restreint la fourniture de matériels et technologies sensibles et gèle les avoirs de personnes et d’entités désignées.

Un comité est créé pour suivre l’application des mesures. Ce régime multilatéral se distingue des sanctions américaines antérieures : il associe les décisions du Conseil de sécurité aux demandes de vérification de l’AIEA.

Sources 2

Les révélations sur Natanz et Arak ouvrent la crise nucléaire

En août 2002, la révélation d’installations nucléaires jusque-là non déclarées, notamment Natanz, place le programme iranien au centre d’une crise internationale.

Les informations rendues publiques par une organisation d’opposition iranienne concernent l’enrichissement à Natanz et les activités liées à l’eau lourde à Arak. Elles entraînent une attention accrue de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Le différend porte sur la déclaration des installations, les garanties et la finalité du programme. L’existence de capacités d’enrichissement ne constitue pas, à elle seule, la preuve de la possession d’une arme nucléaire.

Sources 4

Mohammad Khatami remporte la présidentielle sur une ligne réformatrice

Le 23 mai 1997, Mohammad Khatami remporte l’élection présidentielle iranienne, ouvrant une période marquée par les attentes de réforme.

Le religieux fait campagne sur davantage de libertés culturelles et politiques. Sa victoire révèle le poids des aspirations d’une population jeune, sans supprimer la place du Guide suprême et des institutions non élues.

La période est importante pour comprendre les alternances entre ouverture et durcissement au sein de la République islamique. Une élection présidentielle modifie l’exécutif ; elle ne transfère pas l’ensemble des pouvoirs de l’État au président.

Sources 2