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Dossier
Iran depuis 1979 : révolution, crises et guerres avec Israël et les États-Unis
Ce dossier retrace la trajectoire de la République islamique d’Iran depuis le retour de Rouhollah Khomeini en février 1979 : renversement de la monarchie, crise des otages, guerre Iran-Irak, succession d’Ali Khamenei, sanctions, contestations intérieures et négociations nucléaires. Il suit aussi la confrontation régionale à travers les alliés de Téhéran, le rapprochement avec l’Arabie saoudite et le passage aux attaques directes entre l’Iran et Israël en 2024.
La guerre de douze jours de juin 2025 est distinguée du conflit ouvert le 28 février 2026 par les frappes américaines et israéliennes. La chronologie examine la mort d’Ali Khamenei et la succession de Mojtaba Khamenei, les victimes civiles, les fronts régionaux, les infrastructures énergétiques, Ormuz, les blocus et les tentatives d’accord. Les consultations qataries qui constituaient le périmètre initial de ce dossier restent intégrées à cette histoire élargie.
Les notices sont sourcées et distinguent faits établis, annonces, responsabilités attribuées et résultats non vérifiés. La reconstruction sélectionne les principaux jalons ; elle ne recense pas chaque opération militaire. Aucun bilan humain final et homogène pour l’ensemble des théâtres n’est établi ici. Les dates sans heure connue sont classées par journée.
Dernière mise à jour : 66 moments clés
Téhéran, 3 décembre 2019. Photo d’archives illustrative du dossier ; elle ne montre pas les frappes de 2025 ou 2026. — GTVM92 — CC BY-SA 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/ — 3 décembre 2019, sans modification.
Où en est-on ?
Au 1er novembre 2026, les consultations à Doha n’ont pas débouché sur un accord de réouverture d’Ormuz dans les sources disponibles. Téhéran annonce aussi classer la Royal Navy et la Royal Air Force comme organisations terroristes et le MI6 comme groupe hostile ; les effets pratiques de cette décision ne sont pas établis.
Confirmé
Ali Khamenei succède à Khomeini comme Guide suprême
Le 4 juin 1989, l’Assemblée des experts désigne Ali Khamenei pour succéder à Rouhollah Khomeini, mort la veille.
Khamenei occupait jusque-là la présidence de la République. Le choix intervient alors que les institutions doivent organiser la succession du fondateur du régime et que des modifications constitutionnelles sont en préparation.
Cette transition maintient la fonction de Guide au centre du pouvoir iranien. Elle ouvre une nouvelle période de direction politique après la révolution et la guerre contre l’Irak ; elle ne correspond pas à un changement de régime.
Le 20 août 1988, un cessez-le-feu négocié sous l’égide de l’ONU entre en vigueur entre l’Iran et l’Irak après près de huit ans de guerre.
Le dispositif s’inscrit dans la mise en œuvre de la résolution 598 du Conseil de sécurité. Des observateurs de l’ONU sont déployés pour vérifier la cessation des hostilités et le retrait des forces vers les frontières internationalement reconnues.
L’arrêt des combats ouvre des pourparlers directs, sans régler immédiatement toutes les questions entre les deux pays. Ce jalon distingue la fin de la phase militaire principale du règlement durable des conséquences de la guerre.
Le vol Iran Air 655 est abattu par un navire américain
Le 3 juillet 1988, le croiseur américain USS Vincennes abat le vol civil Iran Air 655 au-dessus du Golfe ; les 290 personnes à bord sont tuées.
Les forces américaines ont pris l’Airbus pour un avion militaire hostile, selon le récit américain. L’événement intervient au cours d’une période d’affrontements navals entre l’Iran et les États-Unis.
La destruction d’un appareil civil doit être distinguée des combats entre navires. Elle demeure un épisode majeur de la confrontation bilatérale et du coût humain de la militarisation des voies maritimes du Golfe.
Praying Mantis : affrontement naval entre les États-Unis et l’Iran
Le 18 avril 1988, la marine américaine attaque des objectifs iraniens dans le Golfe lors de l’opération Praying Mantis.
Washington présente cette opération comme une riposte au minage de la frégate USS Samuel B. Roberts quatre jours plus tôt. Des plateformes utilisées par l’Iran sont détruites et plusieurs bâtiments iraniens sont coulés ou endommagés.
L’épisode se déroule pendant la guerre Iran-Irak et la confrontation autour de la protection des navires marchands. Il constitue un précédent d’affrontement militaire direct entre les États-Unis et l’Iran, bien avant les opérations aériennes de 2025 et de 2026.
Le 26 novembre 1986, le ministre américain de la Justice ordonne au FBI d’enquêter sur l’affaire Iran-Contra, après la révélation d’opérations secrètes de l’administration Reagan.
Des responsables américains ont vendu des armes à l’Iran malgré la politique officielle d’embargo. Une partie des recettes a été détournée vers les rebelles Contras au Nicaragua, alors que le Congrès avait limité leur financement.
Les ventes visaient notamment à obtenir de l’aide pour libérer des Américains retenus au Liban. L’affaire montre que des transactions clandestines ont coexisté avec l’hostilité publique entre Washington et Téhéran. Lawrence Walsh est nommé procureur indépendant en décembre.
Les attentats de Beyrouth tuent 241 militaires américains et 58 Français
Le 23 octobre 1983, deux attentats frappent les contingents américain et français de la force multinationale à Beyrouth, tuant 241 militaires américains et 58 Français.
Les attaques s’inscrivent dans la guerre civile libanaise. Les autorités américaines et plusieurs travaux historiques les attribuent aux réseaux qui ont formé le Hezbollah, soutenus par l’Iran ; les responsabilités doivent être restituées avec leur attribution.
L’Iran développe alors son soutien aux groupes armés libanais après l’intervention israélienne de 1982. Cette dimension indirecte et régionale devient un élément majeur de son affrontement avec les puissances occidentales et Israël.
L’Irak envahit l’Iran : début d’une guerre de huit ans
Le 22 septembre 1980, l’armée irakienne envahit l’Iran, ouvrant une guerre qui durera jusqu’au cessez-le-feu d’août 1988.
Le conflit oppose l’Irak de Saddam Hussein à une République islamique encore en cours de consolidation. Les combats terrestres se prolongent sans règlement rapide ; les Nations unies tentent une médiation dès septembre 1980.
La guerre deviendra aussi maritime dans le Golfe et impliquera les intérêts des puissances extérieures. Il faut distinguer cette guerre interétatique des affrontements ultérieurs entre l’Iran, les États-Unis et Israël, même si la sécurité du Golfe relie ces différentes périodes.
La prise de l’ambassade américaine ouvre la crise des otages
Le 4 novembre 1979, des étudiants partisans de Khomeini occupent l’ambassade des États-Unis à Téhéran et retiennent son personnel en otage.
Les assaillants réclament le retour du chah, admis aux États-Unis pour des soins. Khomeini soutient l’occupation ; le gouvernement Bazargan démissionne dans les jours suivants.
La crise provoque sanctions et gel d’avoirs, puis la rupture des relations diplomatiques le 7 avril 1980. Elle installe une confrontation durable entre Washington et le nouveau pouvoir iranien. Les 52 derniers otages seront libérés le 20 janvier 1981, après 444 jours de captivité.
La révolution renverse le dernier gouvernement monarchique
Le 11 février 1979, la neutralité de l’armée entraîne l’effondrement du gouvernement de Chapour Bakhtiar et la victoire de la révolution iranienne.
Rouhollah Khomeini est rentré d’exil le 1er février et a nommé Mehdi Bazargan à la tête d’un gouvernement provisoire concurrent. Le départ du chah en janvier n’avait donc pas encore réglé la lutte pour le pouvoir.
La République islamique est proclamée le 1er avril après un référendum. Ces étapes distinctes expliquent la transformation de la monarchie alliée des États-Unis en un nouvel ordre politique dirigé par les révolutionnaires.