Russie–Ukraine : origines, guerre depuis 2014 et chronologie
Ce dossier retrace la guerre entre la Russie et l’Ukraine depuis la prise de contrôle de la Crimée et le début des combats du Donbass en 2014, puis l’invasion à grande échelle du 24 février 2022 et ses prolongements militaires, diplomatiques, économiques et humanitaires. Il distingue souveraineté reconnue, annexions revendiquées et contrôle militaire effectif.
Des repères antérieurs éclairent les relations entre les deux États depuis l’indépendance ukrainienne de 1991 : assurances de sécurité de Budapest en 1994, traité d’amitié de 1997, crise de Touzla en 2003, différends gaziers et accords de Kharkiv de 2010. La suspension de la préparation de l’accord avec l’Union européenne en novembre 2013 ouvre la crise d’Euromaïdan. Ces antécédents sont distingués de la guerre commencée en 2014 ; chaque entrée renvoie à ses sources.
La chronologie suit notamment Ilovaïsk, l’aéroport de Donetsk, Debaltseve, les accords de Minsk, les tentatives de désengagement, les combats et la crise humanitaire d’Avdiïvka en 2017, le blocus commercial, les échanges de détenus et la crise maritime de Kertch. Elle documente ensuite l’élargissement de la guerre, les reprises territoriales ukrainiennes, Bakhmout, la justice internationale, les céréales, l’énergie, l’aide extérieure et les négociations. Les enquêtes rétrospectives sont identifiées et les revendications restent attribuées.
Cette sélection de tournants comprend les occurrences canoniques du dossier énergétique archivé. Elle étoffe les années auparavant peu couvertes sans constituer un relevé quotidien exhaustif : les combats locaux, les sanctions successives, toutes les livraisons d’armes et les déplacements de population ne sont pas détaillés. Les pertes militaires cumulées et le contrôle territorial complet restent des limites de couverture.
Dernière mise à jour : 80 moments clés
Zone industrielle de Kstovo, 29 août 2007. Archives ; ne montre pas l’attaque. Vmenkov, CC BY-SA 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/, sans modification. — Vmenkov / Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/ — 29 août 2007, sans modification.
Où en est-on ?
Le 31 octobre 2026, des habitants évacués d’Olechky, ville ukrainienne sous occupation russe, ont rejoint le territoire contrôlé par Kiev après un trajet via la Russie et la Biélorussie. Le nombre exact de personnes arrivées n’est pas publié. La trêve reste locale. Washington a autorisé une vente potentielle de 500 intercepteurs Patriot, sans preuve de livraison ; les 45 milliards d’euros de prêts européens proposés pour 2027 restent soumis aux étapes d’adoption.
Confirmé
Moscou facilite la naturalisation d’habitants des zones séparatistes
Le 24 avril 2019, Vladimir Poutine signe un décret simplifiant l’accès à la citoyenneté russe pour les habitants des zones de Donetsk et de Louhansk échappant au contrôle du gouvernement ukrainien.
La procédure accélérée ouvre une nouvelle étape dans les liens administratifs entre Moscou et ces territoires. Kiev et l’Union européenne dénoncent une atteinte à la souveraineté ukrainienne.
Le décret crée une possibilité de naturalisation ; il ne prouve pas que toute la population reçoit immédiatement un passeport russe et ne modifie pas les frontières reconnues.
L’Ukraine adopte trente jours de loi martiale dans dix régions
Le 26 novembre 2018, le Parlement ukrainien approuve une loi martiale de trente jours dans dix régions, après la saisie de navires ukrainiens par la Russie près du détroit de Kertch la veille.
La mesure vise notamment des territoires frontaliers et côtiers considérés comme exposés. Le dispositif finalement adopté est limité dans le temps et l’espace, alors qu’une proposition initiale plus large avait suscité un débat politique.
Cette décision intérieure constitue une conséquence de l’incident maritime, déjà présent dans le dossier ; elle est distincte de la saisie elle-même.
La Russie saisit trois navires ukrainiens près de Kertch
Le 25 novembre 2018, les forces russes ouvrent le feu et saisissent trois bâtiments ukrainiens près du détroit de Kertch, rapporte Reuters.
Le détroit relie la mer Noire à la mer d’Azov. La Russie en bloque alors le passage ; les deux gouvernements s’accusent mutuellement de provocation.
Cette confrontation navale ajoute une dimension maritime au conflit déjà actif dans le Donbass. L’article décrit la saisie et les versions des parties, sans trancher toutes leurs affirmations sur les conditions de navigation.
Poutine inaugure la liaison routière du pont de Kertch
Le 15 mai 2018, Vladimir Poutine inaugure la partie routière du pont reliant la Russie à la Crimée à travers le détroit de Kertch, quatre ans après l’annexion de la péninsule par Moscou.
Le pont de Kertch lors de l’inauguration routière du 15 mai 2018. Photographie officielle russe. — Kremlin.ru / Wikimedia Commons, CC BY 4.0 — https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/. Photographie du 15 mai 2018, sans modification.
L’ouvrage crée une liaison directe avec le réseau routier russe. L’Ukraine et l’Union européenne condamnent une construction réalisée sans l’accord de Kiev.
L’inauguration routière est distincte de la mise en service ferroviaire. Le contrôle russe et la construction du pont ne modifient pas la souveraineté ukrainienne reconnue sur la Crimée.
Un échange de détenus réunit des familles de part et d’autre du front
Le 27 décembre 2017, les autorités ukrainiennes et les séparatistes réalisent un important échange de détenus près de Maiorsk, dans le Donbass, avec la participation du CICR.
Le CICR indique avoir contribué à la libération et au transfert de plus de 300 personnes détenues en lien avec le conflit. Ses délégués ont pu s’entretenir en privé avec la plupart des personnes concernées avant leur libération.
L’OSCE salue cette avancée humanitaire tout en appelant à respecter le cessez-le-feu. L’opération ne règle pas le sort de tous les détenus.
Kiev suspend le transport de marchandises avec les zones séparatistes
Le 15 mars 2017, les autorités ukrainiennes décident de suspendre le transport de marchandises à travers la ligne de contact avec les territoires de Donetsk et de Louhansk contrôlés par les séparatistes.
La décision suit un blocus ferroviaire mené par des militants et la prise de contrôle d’entreprises par les autorités séparatistes. Des exceptions sont prévues pour les livraisons humanitaires.
La mesure officialise une rupture économique entre les zones contrôlées par Kiev et celles qui lui échappent. Elle ne doit pas être confondue avec une fermeture générale de tout passage de personnes.
Les combats privent Avdiïvka d’électricité, d’eau et de chauffage
Les 29 et 30 janvier 2017, les combats autour d’Avdiïvka endommagent les réseaux d’eau et d’électricité, laissant des habitants sans chauffage au cœur de l’hiver.
L’UNICEF documente les dommages aux infrastructures et les risques pour les enfants. Les reportages sur place décrivent les habitants cherchant des repas chauds, des couvertures et de l’aide.
Les coupures empêchent notamment le pompage de l’eau et affectent le chauffage. La crise humanitaire est établie ; ces constats ne suffisent pas à attribuer chaque tir à un camp.
Le 18 décembre 2016, une forte reprise des combats oppose les forces ukrainiennes et les séparatistes soutenus par la Russie près de Svitlodarsk, au nord de Debaltseve.
Les observations de l’OSCE et les enquêtes contemporaines décrivent des tirs d’artillerie intenses. Les parties se renvoient la responsabilité du déclenchement ; leurs bilans militaires ne permettent pas un total indépendant et exhaustif.
Cette flambée intervient trois mois après l’accord de désengagement et montre que la guerre se poursuit malgré les tentatives de stabilisation de la ligne de contact.
Un accord prévoit le désengagement des forces dans trois zones du Donbass
Le 21 septembre 2016, le Groupe de contact trilatéral conclut à Minsk un accord-cadre de désengagement des forces et du matériel dans l’est de l’Ukraine.
Le dispositif vise d’abord Stanytsia Louhanska, Zolote et Petrivske. L’OSCE doit surveiller les retraits, sous réserve d’un accès sûr aux zones concernées.
Il s’agit d’un engagement à exécuter, pas de la preuve d’un retrait complet le jour de la signature. Les restrictions d’accès et la persistance des tirs compliquent la vérification.
Nadia Savtchenko rentre en Ukraine dans un échange avec la Russie
Le 25 mai 2016, la militaire et députée ukrainienne Nadia Savtchenko revient à Kiev après une grâce russe, tandis qu’Alexandre Alexandrov et Evgueni Erofeïev sont renvoyés en Russie.
Portrait d’archives de Nadia Savtchenko, extrait d’une émission de janvier 2015 ; ce n’est pas une photographie de sa libération. — Inter / Wikimedia Commons, CC BY 3.0 — https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/. Capture d’archives de janvier 2015, recadrage préexistant ; aucune modification supplémentaire.
Les deux Russes avaient été condamnés en Ukraine ; Savtchenko avait été condamnée en Russie dans une affaire qu’elle contestait. Des grâces permettent les transferts réciproques.
L’échange règle le sort de ces personnes, sans mettre fin aux combats du Donbass ni résoudre la question des autres détenus.
Les forces ukrainiennes se retirent de Debaltseve malgré la trêve de Minsk
Le 18 février 2015, les forces ukrainiennes se retirent de Debaltseve, nœud stratégique du Donbass, après leur encerclement par les forces séparatistes.
Le départ intervient six jours après la signature de Minsk II et après l’entrée en vigueur prévue du cessez-le-feu. Les combats continuent donc sur ce secteur malgré l’accord.
Kiev présente l’opération comme un retrait organisé. Les reportages décrivent des pertes dont le bilan reste incertain : le mouvement des troupes est établi, pas un décompte exhaustif des victimes.