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Dossier

Sahara Marocain : des racines du conflit aux négociations de 2026

Ce dossier retrace les origines et les transformations du conflit du Sahara Marocain : liens historiques et allégeances, colonisation espagnole à partir de 1884, décolonisation, guerre, processus référendaire, proposition d’autonomie et diplomatie jusqu’au 17 octobre 2026. Il couvre aussi les populations, la culture hassanie, les réfugiés de Tindouf, les prisonniers et les disparus, les droits humains, les ressources et les accords commerciaux. Le Maroc revendique le territoire au nom de son intégrité territoriale et de liens historiques ; le Front Polisario réclame l’indépendance par l’autodétermination, avec le soutien de l’Algérie. La Mauritanie s’est retirée du conflit territorial en 1979 mais reste impliquée dans le voisinage et les négociations. Le Maroc administre les principales villes et la façade atlantique ; le dispositif militaire du berm ne constitue pas une frontière internationale convenue. Le dossier distingue contrôle effectif, revendication de souveraineté, reconnaissance bilatérale et statut dans les institutions internationales. La CIJ a reconnu en 1975 des liens d’allégeance avec certaines tribus sans constater de souveraineté territoriale excluant l’autodétermination. Le plan de règlement accepté en 1988 et la MINURSO créée en 1991 n’ont pas abouti au référendum prévu. Les initiatives Baker puis le plan d’autonomie marocain de 2007 ont déplacé les négociations vers les institutions, les garanties et le consentement. Les positions américaine, espagnole, française et britannique diffèrent dans leur formulation et ne doivent pas être comptées comme des actes identiques. Les sources sont attachées à chaque jalon. « Sahara Marocain » est l’appellation éditoriale retenue ; les documents de l’ONU et des juridictions emploient généralement « Sahara occidental ». Leur contenu est restitué avec ses qualifications. Aucune carte n’est utilisée. Les dates à précision journalière ne supposent pas une heure connue.

Dernière mise à jour : 91 moments clés

Où en est-on ?

Au 1er novembre 2026, l’ONU annonce la liquidation de la MINURSO et maintient son engagement politique. À Laâyoune, Médias24 constate un siège au ralenti. Une réunion interne est annoncée pour le 2 novembre, sans calendrier final de départ établi. Le Parlement prévoit également une séance conjointe le 2 novembre.

Points de vue

Positions attribuées et documentées

Sur quoi portent les désaccords et les convergences dans la recherche d’un règlement ?

Faits communs

Les textes onusiens visent une solution politique durable et mutuellement acceptable. La résolution 2797 donne à la proposition marocaine d’autonomie une place centrale. Les sources ne constatent pas d’accord final.

Désaccord principal

Le désaccord porte sur la souveraineté, les options offertes aux populations et les garanties d’application. L’Algérie conteste sa qualification de partie au conflit ; le Maroc insiste sur son rôle. La protection des personnes demeure une exigence distincte du statut.

Voir les positions en détailMasquer les positions détaillées6
Royaume du Maroc

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Le Maroc propose une autonomie négociée sous sa souveraineté, avec des institutions régionales et le maintien des compétences régaliennes de l’État. Le texte de 2007 prévoit une consultation sur le statut négocié ; il ne propose pas l’indépendance comme option. Rabat rattache cette position à son intégrité territoriale.

Sources 1
Organisation des Nations unies

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Le Conseil de sécurité soutient des négociations fondées sur la proposition marocaine d’autonomie, sans conditions préalables, vers une solution mutuellement acceptable permettant l’autodétermination. Il évoque une autonomie véritable comme issue possible et accueille des suggestions constructives. Il ne constate pas qu’un accord final existe.

Sources 1
Human Rights Watch

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HRW demande des garanties pour un choix libre et authentique, ainsi que le retour et les réparations. L’organisation déclare ne pas prendre position sur l’indépendance. Sa critique porte sur les droits et les garanties du processus ; elle n’est ni une sentence judiciaire ni la parole de tous les Sahraouis.

Sources 1
Algérie

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L’Algérie soutient le Polisario et l’autodétermination, tout en indiquant à l’envoyé de l’ONU qu’elle ne se considère pas partie au conflit. Elle soutient des discussions directes Maroc–Polisario avec la présence des voisins. Sa participation aux rencontres ne résout pas le désaccord sur sa qualification.

Sources 1

Un nouvel accord UE–Maroc est appliqué provisoirement aux préférences tarifaires

L’UE et le Maroc appliquent provisoirement, à compter du 3 octobre 2025 selon l’avis officiel européen, un nouvel accord modifiant les protocoles commerciaux et remplaçant le dispositif de 2019.

L’accord maintient un accès préférentiel pour les produits concernés du Sahara Marocain soumis au contrôle douanier marocain. Le dispositif de preuve d’origine prévoit des références aux régions de Dakhla-Oued Ed-Dahab ou de Laâyoune-Sakia El Hamra. Il faut distinguer ces règles d’origine de l’ensemble des règles d’étiquetage applicables au consommateur.

Cette application provisoire établit que les échanges ne sont pas restés juridiquement figés à l’annulation de 2024. Elle ne constitue toutefois pas un nouveau jugement attestant que toutes les exigences de consentement sont définitivement satisfaites. La Commission indique encore cette application provisoire dans sa fiche commerciale actualisée ; la validité du nouveau mécanisme et le statut politique relèvent de questions distinctes.

Sources 4

L’ONU décrit des hostilités limitées et des lacunes de suivi des droits humains

Dans son rapport du 30 septembre 2025, le secrétaire général de l’ONU décrit des hostilités de faible intensité et souligne les difficultés d’observation indépendante.

La MINURSO ne peut confirmer directement tous les incidents ni leurs bilans. Les restrictions de déplacement et d’accès limitent l’établissement des faits. Il faut distinguer les traces observées, les déclarations militaires et les récits de témoins ; le dossier n’en additionne pas les chiffres comme un bilan vérifié.

Le rapport relève aussi que le Haut-Commissariat aux droits de l’homme n’a pas obtenu accès au territoire depuis 2015 et rapporte des restrictions aux libertés d’expression, d’association et de réunion. Les autorités marocaines mettent en avant leurs institutions nationales de protection ; celles-ci ne remplacent pas un accès indépendant. La protection des civils et le suivi des droits doivent accompagner tout règlement, indépendamment du statut retenu.

Sources 2

L’UE autorise de nouvelles négociations commerciales après les arrêts de 2024

Le 10 septembre 2025, le Conseil de l’Union européenne autorise la Commission à négocier avec le Maroc une modification du dispositif de préférences tarifaires, par la décision 2025/2053.

Le texte vise à préserver les échanges tout en respectant les conditions fixées par la CJUE, notamment les avantages vérifiables pour le peuple concerné et les exigences de développement durable. Il rappelle que l’ancienne décision agricole cesse de produire ses effets le 4 octobre 2025.

Une autorisation de négocier n’est pas la preuve de l’entrée en vigueur d’un accord ni d’une validation judiciaire ultérieure. Le dossier suit cette décision pour expliquer la réponse institutionnelle aux arrêts ; l’état exact de tous les instruments commerciaux postérieurs doit être vérifié séparément avant toute décision d’exportation ou d’investissement. Ce jalon évite de figer la situation économique à l’annulation de 2024.

Sources 1

Le Royaume-Uni soutient l’autonomie comme base d’un règlement

Le 1er juin 2025, le Royaume-Uni annonce considérer le plan marocain d’autonomie comme la base la plus crédible, viable et pragmatique d’un règlement durable.

Le communiqué bilatéral maintient le soutien au processus de l’ONU et invite à préciser le contenu de l’autonomie. Londres rejoint ainsi la dynamique diplomatique favorable à Rabat, avec sa propre formulation.

Le soutien à une base de négociation ne doit pas être assimilé automatiquement à une reconnaissance formelle de souveraineté. La question devient aussi institutionnelle : répartition réelle des compétences, garanties, représentation, contrôle juridictionnel et procédure d’adhésion des populations. Ces éléments permettront d’évaluer une autonomie effective et pas seulement son intitulé. L’annonce britannique ne signifie ni acceptation du plan par le Polisario ni conclusion d’un accord définitif.

Sources 2

La CJUE confirme l’annulation des décisions relatives aux accords de 2019

Le 4 octobre 2024, la CJUE confirme l’annulation des décisions approuvant les accords UE–Maroc de 2019 sur la pêche et l’agriculture, faute de consentement du peuple concerné.

La Cour distingue consultation des habitants actuels et consentement du peuple titulaire du droit à l’autodétermination. Elle admet qu’un consentement puisse être présumé sous des conditions strictes : absence d’obligation imposée et avantage précis, substantiel, vérifiable et proportionné. Ces conditions n’étaient pas remplies dans les accords examinés.

Le protocole de pêche avait déjà expiré en juillet 2023 ; les effets de la décision agricole sont maintenus douze mois. Il serait inexact d’en déduire une interdiction générale et permanente de tout commerce. Les institutions européennes doivent adapter leur base juridique, tandis que le Maroc conteste la lecture de la Cour. La décision commerciale ne constitue pas, à elle seule, un règlement du conflit territorial.

Sources 2

La France inscrit le présent et l’avenir du Sahara dans la souveraineté marocaine

Le 30 juillet 2024, une lettre d’Emmanuel Macron à sa majesté le roi Mohammed VI rend publique la position française selon laquelle le présent et l’avenir du Sahara s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine.

Paris fait du plan d’autonomie de 2007 la seule base d’une solution politique négociée. La déclaration franco-marocaine du 28 octobre reprend cette orientation et l’inscrit dans un partenariat renforcé.

Le poids de la France, membre permanent du Conseil de sécurité, donne à cette évolution une portée particulière pour Rabat. Elle ne supprime pas les obligations qui s’imposent aux institutions européennes ni les désaccords avec le Polisario et l’Algérie. Il faut donc suivre deux voies parallèles : l’élargissement du soutien politique à la proposition marocaine et la persistance de questions juridiques sur les accords économiques et le consentement.

Sources 2

Israël reconnaît la souveraineté du Maroc sur le Sahara

Le 17 juillet 2023, le Cabinet royal annonce qu’Israël reconnaît la souveraineté marocaine sur le Sahara, dans une lettre de Benjamin Netanyahu à sa majesté le roi Mohammed VI.

La décision prolonge la dynamique diplomatique ouverte par la reprise des relations de 2020. Elle renforce la position de Rabat auprès d’un partenaire de sécurité et de coopération, sans constituer une décision du Conseil de sécurité.

L’exemple éclaire une difficulté récurrente dans la lecture du dossier : la reconnaissance de souveraineté est plus précise qu’un soutien à une initiative de négociation. L’ouverture d’un consulat constitue également un geste politique, mais sa signification doit être établie par le communiqué de l’État concerné. Le dossier ne publie pas de décompte global non vérifié des reconnaissances, consulats ou appuis à l’autonomie, dont les catégories sont différentes.

Sources 2

Le protocole de pêche UE–Maroc expire sans successeur immédiat

Le 17 juillet 2023, le protocole d’application de l’accord de pêche UE–Maroc arrive à échéance sans nouveau protocole permettant la poursuite de l’activité de la flotte européenne.

La Commission européenne distingue l’accord de partenariat, qui subsiste, du protocole fixant les possibilités de pêche et les contributions financières. Sans protocole actif, les navires de l’Union ne peuvent plus pêcher dans ce cadre.

Cette échéance concerne aussi les activités dans les eaux adjacentes au Sahara Marocain, au cœur du contentieux européen. RTVE décrit les conséquences pour les pêcheurs espagnols. L’expiration de 2023 est distincte des arrêts de 2024 : une fin de validité contractuelle ne doit pas être présentée comme une décision judiciaire prononcée ce jour-là.

Sources 3

L’Allemagne qualifie le plan d’autonomie de bonne base pour un accord

Le 25 août 2022 à Rabat, l’Allemagne présente le plan marocain d’autonomie de 2007 comme un effort sérieux et crédible et une bonne base pour une solution acceptée par les parties au différend du Sahara Marocain.

Cette formulation figure au point 15 de la déclaration commune publiée après les entretiens d’Annalena Baerbock et de Nasser Bourita. Le texte réaffirme le soutien au processus conduit par l’ONU, à l’envoyé personnel Staffan de Mistura et à la MINURSO.

La visite accompagne le rétablissement de la coopération bilatérale après une période de tensions. La position allemande soutient une base de négociation ; la déclaration ne formule pas une reconnaissance de souveraineté identique à celle annoncée par Washington en 2020. Cette distinction permet de suivre les appuis diplomatiques sans assimiler des formulations différentes.

Sources 3

L’Espagne fait du plan d’autonomie la base privilégiée d’un règlement

Le 18 mars 2022, une lettre de Pedro Sánchez à sa majesté le roi Mohammed VI rend publique l’appréciation espagnole du plan marocain comme la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour résoudre le différend.

La rencontre de Rabat du 7 avril inscrit ce changement dans une nouvelle étape des relations bilatérales. L’Espagne occupe une place singulière en raison de son passé colonial, de sa proximité et de ses relations avec le Maroc et l’Algérie.

Cette formulation soutient un cadre de solution ; elle n’est pas identique à la proclamation américaine de reconnaissance de souveraineté. Le changement suscite des critiques politiques en Espagne et une réaction algérienne. Le dossier conserve ces distinctions : les soutiens diplomatiques se renforcent, mais leur contenu juridique et politique varie selon les États.

Sources 2

Staffan de Mistura est nommé envoyé personnel pour le Sahara

Le 6 octobre 2021, António Guterres annonce la nomination de Staffan de Mistura comme envoyé personnel pour le Sahara Marocain, à la suite de Horst Köhler, dont le mandat s’était achevé le 22 mai 2019.

Portrait de Staffan de Mistura.
Staffan de Mistura, portrait d’archive de 2011. Cette image ne représente pas sa nomination en 2021. — Heinrich-Böll-Stiftung / recadrage FishInWater — Wikimedia Commons — CC BY-SA 2.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/ — sans modification supplémentaire

Selon l’annonce officielle, le diplomate doit offrir ses bons offices et travailler avec les parties, les pays voisins et les autres interlocuteurs concernés, dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité, notamment la résolution 2548 de 2020.

La nomination rétablit un titulaire à ce poste de médiation après plus de deux ans de vacance. Elle n’atteste ni la reprise immédiate de négociations formelles ni un accord sur leur résultat. La dépêche de MAP rapporte le soutien du Maroc à cette nomination.

Sources 2