Le PLF 2027 présenté au Parlement avec une réforme de l’impôt sur le revenu
Ce dossier suit l’examen du projet de loi de finances marocain pour 2027 : fiscalité, crédits sociaux, investissements et engagements publics, jusqu’à leur éventuelle adoption.
Dernière mise à jour : 14 moments clés
Parlement à Rabat, août 2025. Archives illustratives ; ne montre pas les débats. Taha ahh / Wikimedia Commons, CC0. — Taha ahh / Wikimedia Commons — CC0 1.0 https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/ — photo du 8 août 2025, redimensionnement uniquement.
Où en est-on ?
Au 30 octobre 2026, l’examen du PLF 2027 se poursuit. Fouzi Lekjaa fait état de 8,2 millions de personnes sans couverture médicale effective et annonce un programme progressif de paiement électronique chez les commerçants. Les réformes fiscales et sociales restent proposées ; le périmètre et le calendrier opérationnel du nouveau programme restent à préciser.
Information rapportée
PLF 2027 : les députés interrogent le ciblage des aides et les inégalités territoriales
La commission des finances a poursuivi le 29 octobre 2026 l’examen du PLF 2027, avec des questions sur les critères des aides sociales et l’accès des territoires aux investissements, selon Hespress et Madar21.
Parlement à Rabat, août 2025. Archives, pas la séance du 29 octobre. Taha ahh, CC0. — Taha ahh / Wikimedia Commons — CC0 1.0 https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/ — photo du 8 août 2025, redimensionnement uniquement.
Des élus demandent des explications sur la suspension des aides, les bourses étudiantes et l’effet des mesures sur le pouvoir d’achat. D’autres réclament une répartition plus équitable de l’investissement.
Ces interventions portent sur un projet en discussion. Elles n’établissent ni adoption d’amendements ni entrée en vigueur de nouvelles prestations.
Aides directes : Lekjaa précise un objectif de 700 DH en 2028
Fouzi Lekjaa a précisé sur 2M, le soir du 28 octobre 2026, le calendrier envisagé pour l’aide sociale directe : un minimum mensuel de 600 dirhams en 2027, puis 700 en 2028, avec un objectif de 1 000 dirhams en 2031.
Parlement à Rabat, 8 août 2025. Illustration d’archives, sans représentation de l’émission. Taha ahh, CC0. — Taha ahh / Wikimedia Commons — CC0 1.0 https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/ — photo du 8 août 2025, redimensionnement uniquement.
Le ministre présente une revalorisation progressive du minimum actuel de 500 dirhams. Le palier de 2028 précise la trajectoire du dispositif ; il ne correspond pas à une hausse déjà versée aux ménages.
Selon ses déclarations rapportées par Aswat News et L’Observateur, les critères d’éligibilité doivent aussi mieux tenir compte des revenus réels. Trouver un emploi ne devrait pas entraîner à lui seul la suppression de l’aide tant que le ménage reste sous le seuil retenu.
Ces engagements restent soumis aux dispositions adoptées et à leurs modalités d’application. Les comptes rendus consultés ne fournissent pas le futur seuil de revenu ni le texte définitif du nouveau ciblage.
PLF 2027 : l’opposition conteste l’effet des mesures sur le pouvoir d’achat
Lors de la discussion du PLF 2027 en commission des finances, le 28 octobre 2026, le PJD et le Mouvement populaire ont jugé les mesures de soutien au pouvoir d’achat insuffisantes, selon Hespress et des comptes rendus arabophones.
Parlement à Rabat, août 2025. Photo d’archives, sans représentation de la séance. Taha ahh, CC0. — Taha ahh / Wikimedia Commons — CC0 1.0 https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/ — photo du 8 août 2025, redimensionnement uniquement.
Le groupe du PJD demande au gouvernement de préciser ses choix économiques et la méthode de calcul des recettes fiscales attendues. Son président, Driss El Azami El Idrissi, estime que l’augmentation de crédits sectoriels ne suffit pas à expliquer la politique suivie.
Rim Chabat, présidente du groupe du Mouvement populaire, critique notamment la baisse proposée des crédits de compensation, de 22 milliards de dirhams en 2026 à 19,4 milliards en 2027. Elle souligne la dépendance des prévisions à la récolte céréalière et aux prix internationaux de l’énergie.
Il s’agit d’objections parlementaires au projet, non d’un constat établi de ses effets futurs. Le texte reste en cours d’examen ; les critiques ne constituent ni des amendements adoptés ni un rejet du budget.
Pensions des veuves : Lekjaa chiffre à 7,3 milliards de DH le financement public prévu
Lors de son intervention sur 2M le 28 octobre 2026, Fouzi Lekjaa a évalué à environ 7,3 milliards de dirhams par an le financement public de la pension intégrale envisagée pour 431 000 veuves dans le PLF 2027, selon les comptes rendus de presse.
Parlement à Rabat, août 2025. Illustration d’archives. Taha ahh, CC0. — Taha ahh / Wikimedia Commons — CC0 1.0 https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/ — photo du 8 août 2025, redimensionnement uniquement.
Selon le ministre, le budget de l’État prendrait cette dépense en charge, sans imposer de coût supplémentaire aux caisses de retraite. Il défend le maintien du revenu des ménages après le décès du conjoint, leurs dépenses ne diminuant pas nécessairement dans les mêmes proportions.
Ces précisions portent sur le financement d’une mesure proposée, pas sur des versements déjà effectués. Les modalités définitives dépendent du texte adopté et de son application. Les comptes rendus divergent sur le traitement du remariage ; ce point ne peut être tranché ici sans texte juridique précisant les conditions d’éligibilité.
Défense : le PLF distingue crédits 2027 et engagements anticipés de 190,5 milliards
Le PLF 2027 prévoit une autorisation de 190,5 milliards de dirhams d’engagements anticipés sur les crédits de 2028 pour la Défense, selon l’analyse publiée par TelQuel le 23 octobre 2026. Ce plafond n’est pas une dépense annuelle de ce montant.
Le Parlement à Rabat, le 8 août 2025. Image d’archives ; Taha ahh / Wikimedia Commons, CC0. — Taha ahh / Wikimedia Commons — CC0 1.0 https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/ — photo du 8 août 2025, redimensionnement uniquement.
L’article 36 porte sur l’acquisition et la réparation de matériels ainsi que sur l’industrie de défense. TelQuel chiffre à environ 76,4 milliards de dirhams les moyens prévus pour 2027 en additionnant les principales lignes de crédits et le compte dédié.
Le détail des équipements concernés par l’autorisation anticipée n’est pas établi dans le texte décrit. Les autorisations d’engagement et les paiements annuels doivent être distingués pour comprendre les chiffres.
Le PLF 2027 présenté au Parlement avec une réforme de l’impôt sur le revenu
Fouzi Lekjaa a présenté le 23 octobre 2026 le projet de loi de finances 2027 au Parlement, après son approbation en Conseil de gouvernement le 20 octobre. Le texte propose de relever le seuil annuel de revenu exonéré d’IR de 40 000 à 60 000 dirhams dès 2027.
Le Parlement à Rabat, le 8 août 2025. Image d’archives ; Taha ahh / Wikimedia Commons, CC0. — Taha ahh / Wikimedia Commons — CC0 1.0 https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/ — photo du 8 août 2025, redimensionnement uniquement.
La réforme annoncée est progressive et s’étend sur plusieurs années. Le relèvement du seuil équivaut à 5 000 dirhams mensuels de revenu imposable : il ne faut pas le transformer en exonération de tout salaire brut de ce montant.
Le projet passe désormais par l’examen parlementaire. Les dispositions fiscales et sociales décrites restent des propositions, susceptibles d’amendement ; le vote de confiance au gouvernement ne vaut pas adoption du budget.
Le PLF prévoit de poursuivre 14 grands barrages et les projets de dessalement
Les documents du PLF 2027 prévoient la poursuite de 14 grands barrages et visent une capacité nationale de stockage supérieure à 24 milliards de mètres cubes fin 2027, selon Le Matin. Il s’agit d’objectifs d’infrastructure, pas du volume d’eau actuellement disponible.
Le Parlement à Rabat, le 8 août 2025. Image d’archives ; Taha ahh / Wikimedia Commons, CC0. — Taha ahh / Wikimedia Commons — CC0 1.0 https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/ — photo du 8 août 2025, redimensionnement uniquement.
Le programme décrit aussi le dessalement et les interconnexions entre bassins. Il vise plus de 1,8 milliard de mètres cubes d’eau dessalée par an à l’horizon 2031.
La mise en service de la station de Dakhla, l’extension de Safi pour alimenter Marrakech et la première phase du Grand Casablanca figurent parmi les étapes prévues pour 2027. Le calendrier demeure prévisionnel et ne permet pas de présenter ces installations comme déjà opérationnelles.
Le budget 2027 propose 45,4 milliards de dirhams pour la santé
Lors de la présentation du PLF 2027 le 23 octobre 2026, Fouzi Lekjaa a annoncé un budget de santé de 45,4 milliards de dirhams, soit environ 3 milliards de plus qu’en 2026, selon Challenge.
Le Parlement à Rabat, le 8 août 2025. Image d’archives ; Taha ahh / Wikimedia Commons, CC0. — Taha ahh / Wikimedia Commons — CC0 1.0 https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/ — photo du 8 août 2025, redimensionnement uniquement.
Les crédits annoncés doivent accompagner les groupements sanitaires territoriaux, les projets hospitaliers et la mise à niveau de structures de soins. Le ministre cite notamment le nouveau CHU de Casablanca et les centres de Béni Mellal, Guelmim et Errachidia.
Ces montants relèvent du projet budgétaire. Ils ne prouvent ni le versement effectif des crédits ni l’ouverture des établissements annoncés. Les étapes de construction, d’équipement et de mise en service restent à suivre séparément.
Budget présenté par Lekjaa : un IS de 40 % proposé pour les grandes sociétés pétrolières
Le PLF 2027, présenté au Parlement par Fouzi Lekjaa le 23 octobre 2026, propose de porter de 35 % à 40 % l'impôt sur les sociétés des grands importateurs ou distributeurs d'hydrocarbures. Le seuil est fixé à 100 millions de dirhams de bénéfice net annuel, selon Madar21 et Le Matin.
Fouzi Lekjaa, le 13 juillet 2024. Photo d'archives ; Amsttu / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. — Amsttu / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/ — resized only; photograph dated 13 July 2024.
La mesure vise les entreprises d'importation ou de distribution remplissant cette condition de bénéfice ; elle ne s'applique donc pas automatiquement à toutes les stations-service. Il s'agit d'un taux d'impôt sur les sociétés, pas d'une nouvelle taxe sur chaque litre vendu.
Ces dispositions relèvent encore d'un projet soumis au Parlement et ne prouvent pas l'entrée en vigueur du nouveau taux. Al Ayam24 relève que taxer davantage les bénéfices ne définit pas, en soi, un mécanisme de baisse des prix à la pompe.